Formation des grutiers: la grogne ne s’estompe pas

La décision du ministre du Travail, Jean Boulet, d’entériner les recommandations d’un comité qui s’est penché sur la formation des grutiers suscite la grogne et l’incompréhension de plusieurs syndicats provenant aussi bien de l’enseignement que de la construction.

Un comité d’experts a rendu cette semaine son rapport ainsi que ses recommandations, que le ministre a entérinées dans la foulée. Le comité avait été chargé d’évaluer l’aspect sécuritaire des modifications réglementaires entrées en vigueur le 14 mai 2018.

Le précédent gouvernement libéral avait autorisé l’an dernier les grutiers à apprendre leur métier en entreprise, mais le syndicat qui les représente ne cesse de réclamer depuis le retour d’une formation spécifique dans le domaine. Les grutiers avaient d’ailleurs déserté les chantiers pendant quelques jours pour protester contre la décision gouvernementale.

Le comité recommandait notamment l’ajout d’une formation préparatoire de 120 heures donnée par un formateur qualifié, employé d’un centre de formation professionnelle, dans un environnement contrôlé. C’est la réussite de cette formation qui va mener à l’obtention d’une attestation permettant l’accès aux chantiers de construction. Elle permettra par la suite aux apprentis de commencer la formation en entreprise d’une durée de 150 heures.

Le ministre a souligné jeudi que les «mesures annoncées font suite à l’expression par les associations syndicales et patronales de préoccupations communes» et il se disait «confiant que leur mise en œuvre répondra aux besoins de l’industrie afin d’assurer la santé et la sécurité des travailleurs et du public».

Parlant d’une question de santé et de sécurité, la FTQ-Construction s’est dite inquiète des répercussions négatives qu’engendreront les modifications.

«Est-ce qu’en cas de pénurie, le ministre du Travail permettrait à un résident en médecine d’exécuter une opération à un genou sans formation sous prétexte que c’est moins dangereux qu’une opération à cœur ouvert?» a questionné le directeur général de la FTQ-Construction, Éric Boisjoly, dans un communiqué.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE), le Syndicat de l’enseignement des Seigneuries (SES) et les enseignants en conduite de grues de l’École-Atelier Les Cèdres ont aussi fait part de leur incompréhension, vendredi.

«Cette décision du ministre Boulet doit rapidement être revue, car la diminution des exigences porte inévitablement atteinte à la qualité de la formation des futurs travailleurs concernés par ces nouvelles mesures et par conséquent à la santé et sécurité des grutiers et grutières, de leurs collègues et du public en général», a fait savoir Benoît Giguère, vice-président à la FAE.

Jules Laurent

Jules Laurent a étudié la finance en Amérique avant de commencer sa carrière en tant que cambiste à temps plein. En tant que membre fondateur de ce site Web, Jules s’est engagé à fournir la meilleure analyse financière possible. Jules est obsédé par l’analyse technique. Il aime étudier les modèles de graphiques et fournir des analyses.
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